Ce n’est pas facile d’écrire. De ce petit fort tu regardais où? Tu regardais quoi? Tu as choisi de partir. D’avance, comme un peu toute ta vie.
On t’aimais. Peut-être pas assez. Mais tu sais on est jamais assez aimé, même si on a de la chance et on est beaucoup aimé. On voudrait en tous cas être aimé par des autres personnes. Personnes que peut-être ne savent même pas de notre desir. Ou alors, on voudrait pas être aimé, (ou pas si fort), par ceux qui nous sont à côté.
C’est alors peut-être ce manque d’amour qui nous eloigne de tout et de tous.
La sagesse c’est peut-être prendre l’amour qui nous arrive et chercher de vivre avec c’è lui qu’on a. Ce n’est pas une consolation, je sais. Et d’abord on n’est pas obligés à être sages. Grandir, mûrir, c’est des fois une question de conquête ou de renonce. Et des fois on a pas envie de conquerir, c’est tout. Je n’ai pas de conseilles à te donner. Je n’ai plus de conseilles à te donner.
Tu as eu une vie difficile, comme la notre, d’ailleurs. On a pas vécu assez, ensemble, pour avoir des tas de souvenirs. Je dois me contenter de ce que j’ai: des flash, des images lointaines, quelque apres-midi passé en Italie, ton habilité à faire des choses avec les mains, ton obstination pour les pompiers, pour la peinture. Tes bouteilles de coca-cola. L’accumulation. Et puis ta phrase sans aucun sens, prononcée en pleine nuit il-y-a longtemps, et de laquelle on riait jusqu’aux larmes: “La discipline de la science!”
Un jour on se reverra, tu m’expliquera, tu me pardonnera, je te pardonnerai. On pardonnera nos parents, nos voisins, nos proches, et tous les torts qu’on a subi. Celle-ci me semble d’ailleurs une des rares choses qui puisse rendre supportable l’idée de la mort et l’idée de ton départ.
Certes, ton sourire me manquera toujours, petit.
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